Embajada de la República Argentina en República Francesa

À propos de cette Représentation

 

Coopération Décentralisée Culturelle

Coopération Décentralisée Culturelle

Le rapport suivant sur les médiathèques en France à été rédigé à la suite de l'intérêt porté aux activités de promotion commerciale de l'industrie audiovisuelle de notre pays en France, et dans le cadre du processus de coopération décentralisée franco-argentine développé par la Section Économique et Commerciale de l'Ambassade d'Argentine en France sous la responsabilité du Ministre Edgardo Malaroda.

La diffusion de l'industrie audiovisuelle argentine a débuté au sein des 950 médiathèques présentes en France, en proposant des films contemporains, de la musique, des guides géographiques et touristiques, ainsi que de la littérature argentine. L'objectif étant une intégration de ces supports via les distributeurs correspondants afin qu’ils soient disponibles de manière décentralisée pour tous les citoyens français.

Sont ainsi organisés au sein des médiathèques et des cinémas des différentes localités françaises, des festivals de culture argentine appelés « Tango, vin et cinéma » permettant à la population de découvrir la qualité des produits argentins.

En 2012, différents festivals ont eu lieu, avec des projections accompagnées de débats (avec la présence de réalisateurs ou de spécialistes), des premières de films nationaux, ainsi que différentes manifestations culturelles relatives à notre pays (entre autres des expositions d'art et de photographie, des concerts et des représentations de tango).

Le modèle des médiathèques peut être intéressant pour les gouvernements des collectivités territoriales argentines dans la mesure où celui-ci est un système qui agit comme un espace de rencontre pour le renforcement du développement local.

 


"LES MÉDIATHÈQUES: UN MODÈLE FRANCAIS DE DÉCENTRALISATION CULTURELLE"


 

HISTORIQUE

En 1968, nous sommes passés d’un concept de “bibliothèque” à un concept de “bibliothèque de secteur” dans l’idée de réunir les lecteurs urbains et ruraux. La bibliothèque de secteur s’inspire du modèle des bibliothèques publiques anglo-saxonnes. Elle doit se situer dans une zone géographique d’une densité démographique déterminée et avoir déjà une bibliothèque centrale. Cette politique se base non seulement sur la satisfaction du public traditionnel (étudiants, lecteurs et autres usagers des bibliothèques traditionnelles) mais aussi sur le rôle majeur des bibliothèques dans la société.

Le terme “médiathèque” a commencé à être utilisé dans les années 60 par un groupe de bibliothécaires dont deux d’entre eux étaient directeurs de bibliothèques municipales : Michel Bouvy (Bibliothèque de Cambrai), Albert Ronsin (Bibliothèque Saint-Dié-des-Vosges) et Guy Baudin (responsable du réseau des bibliothèques parisiennes). Ils ont élaboré un modèle territorial destiné à une population de 100.000 habitants, ayant pour objectif l’organisation d’un véritable réseau de connaissances : une bibliothèque publique centrale avec un fond de recherche, une salle d’études, une salle d’animation et des activités pour les jeunes.

Les bibliothèques de secteur reposent sur l’idée générale suivante : proposer à tous, sans distinction d’âge, de statut scolaire, culturel ou économique, l’information, la formation et la culture. Toute la population doit avoir accès à la connaissance, au savoir partagé et à un patrimoine culturel collectif. Pour Albert Ronsin, tous les citoyens quel que soit leur âge, leur situation familiale ou sociale, leur lieu de travail, de repos, de loisirs, ou leur niveau de culture générale, doivent avoir accès aux livres et aux autres moyens de formation et de distraction dans les mêmes conditions, avec les mêmes facilités.

En 1977, l’Association Nationale pour le Développement des Bibliothèques Publiques se rebaptise Association pour la Médiathèque Publique, présidée par Monsieur Rosin qui, la même année, lance l’édition de la revue Médiathèque Publique.

Sur le plan politique, après la victoire de François Mitterrand aux élections présidentielles de 1981, son ministre de la culture, M. Jack Lang, crée une commission sur la lecture publique, laquelle élabore un rapport dans lequel il est donné à l’Etat l’objectif non pas d’assurer mais de tendre vers une égalité de tous les français devant la lecture. Dans ce sens, des Agences Régionales de Coopération sont créées en faveur des bibliothèques.

De ce fait, le concept de médiathèque est instauré, s’appuyant sur l’implication technique des politiques. Le but est de réussir à rendre les bibliothèques, même les plus méconnues, attractives, modernes et accueillantes pour toute la population, ainsi que de garantir la lecture comme politique publique locale.

Méd​iathèque de Puteaux

FONDEMENTS

La notion de médiathèque répond à la critique du rôle élitiste de la bibliothèque en la revendiquant comme un service public nécessaire à l’exercice de la démocratie. Elle doit assurer l’égalité, l’accès à la lecture et aux sources documentaires pour tous afin de permettre la libre pensée de chaque individu et de contribuer au progrès de la société.

Le concept actuel de médiathèque publique provient directement du principe d’éducation populaire (appelé aussi éducation permanente) défendue par les organismes découlant de la Résistance comme « Peuple et Culture », et de l’influence directe de la librairie publique anglo-saxonne. On retrouve dans la base de cette conception l’idée fondamentale qu’un public différent puisse bénéficier du patrimoine culturel imprimé et, dans un second temps, des moyens audiovisuels de l’humanité qui étaient, jusqu’alors, réservés à une élite.

Les principales fonctions d’une médiathèque sont les suivantes: assurer la formation continue pour une meilleure insertion sociale, accueillir les habitants pour occuper leur temps libre et de détente, diffuser les biens culturels et médiatiques. Elle se charge d’informer et de favoriser les rencontre entre les publics pour une meilleure coexistence possible dans la ville/commune /agglomération. C’est un établissement culturel ouvert à tous, un lieu d’échanges, un centre de ressources et de regroupement des pôles d’excellence.

 

Méd​iathèque de Chartres

 

Il est important de signaler que l’accès aux médiathèques est, en général, gratuit pour toutes les personnes qui vivent, travaillent ou étudient dans la ville où elle est située. Pour les habitants des localités voisines, si l’emprunt n’est pas gratuit, le coût annuel peut atteindre jusqu’à 100 euros pour les emprunts de livres et documents multimédia. Pour s’inscrire, il suffit simplement d’avoir sa carte d’identité et un justificatif de domicile. De plus, le matériel  peut s’emprunter sur un délai d’une semaine à un mois.

Même s’il n’existe pas de données officielles, on estime aujourd’hui à 950 le nombre de médiathèques en France.

Méd​iathèque de Puteaux

STRATEGIES

Afin d’attirer le public, les médiathèques ont recourt à des systèmes de séduction qui ont des effets sur le public et sur l’établissement. On peut noter trois stratégies principales : la modernisation, l’abondance et la diversité des collections présentées ainsi que la convivialité.

La recherche de modernisation:

La médiathèque garantit l’accès à une bibliothèque moderne, qui offre l’information sous des formes nouvelles, favorisant l’apprentissage.

Aussi bien pour le bâtiment, que les contenus, le mobilier, l’état des livres et la discographie, la médiathèque est une version moderne et actualisée de la bibliothèque. C’est un lieu de connaissance et de détente, d’étude et de rencontres.

 

Méd​iathèque de Puteaux

Contenus: abondance et diversité:

Les contenus sont variés, en libre accès, dans des espaces agréables motivant le public à fréquenter massivement les médiathèques.

L’abondance des collections disponibles permet de satisfaire les nécessités des différents publics. La quantité, la qualité et la diversité des contenus sont des facteurs d’innovation très importants qui attirent le public qui ne fréquentait pas ou peu les bibliothèques.

La convivialité:

Les médiathèques inaugurent une nouvelle façon de lire, de consulter et de travailler. Les usagers n’utilisent pas la médiathèque comme un lieu d’approvisionnement mais plutôt comme un lieu de lecture, de travail, de rencontre, de loisirs et de découverte, comme un véritable espace de sociabilité en somme.

 

LE BATIMENT: DE LA BIBLIOTHÈQUE A LA MÉDIATHÈQUE

Méd​iathèque de Chartres

 

Deux discussions sont ressorties du débat sur la décision de construire ou rénover les établissements :

- l’accès à tous les biens culturels, le respect à la démocratisation de l’accès à la lecture, la lutte contre les inégalités et la ségrégation sociale
- l’extension des collections et l’offre de services

Le choix s’est fait par consentement et s’est porté sur une solution architecturale plus démocratique, dans le respect de l’image de la ville, de l’adéquation avec ses valeurs et de ses spécificités patrimoniales. La municipalité s’est montrée ouverte à la réhabilitation des bâtiments historiques selon les cas, ou bien directement à la construction de bâtiments modernes.

Les nouvelles constructions dépendent toutes de décisions qui sont généralement prises par des architectes de grande renommée. Des architectes d’intérieurs sont plus spécifiquement chargés de la décoration et de la conception du mobilier. Ils apportent leur propre créativité et élaborent une architecture évolutive et flexible, susceptible d’être adaptée à des extensions et à de nouvelles fonctions.

En ce qui concerne la structure du bâtiment, tout suit une logique et un emplacement particulier. La majeure partie des médiathèques possède dans la partie inférieure de l’établissement une réception, un espace dédié aux thèmes d’actualité (avec des journaux et des revues nationales et internationales), une salle de détente, une cafétéria, un espace d’exposition d’art, ainsi que de nombreux espaces de lecture. Dans certains cas, des ordinateurs sont mis à disposition pour naviguer sur Internet ou consulter des archives bibliographiques. 

Au premier étage se situe souvent la section enfants et adolescents, et au second, un espace pour adultes. Dans les bâtiments disposant de peu d’étages, il est fréquent de trouver la section pour adultes en bas, dans le but de supprimer «l’obstacle psychologique et sociologique», le public adulte se considérant généralement moins motivé que le public jeune et adolescent qui se trouve alors dans une section supérieure.

Méd​iathèque de Puteaux

 

L'IMPORTANCE DE LA LUMIÈRE

Une des principales différences entre la structure d’une bibliothèque et celle d’une médiathèque est l’importance que l’on donne à cette dernière quant à l’incidence de la lumière sur le bâtiment. En opposition au concept d’obscurité qui prévaut dans les bibliothèques traditionnelles afin de sauvegarder l’état des ouvrages, la concentration et le silence des lecteurs, la médiathèque privilégie la luminosité. Cela se fait non seulement par l’architecture du bâtiment, avec de grandes fenêtres et baies vitrées qui laissent entrer le soleil et qui donnent une vue panoramique sur l’extérieur, mais aussi grâce aux couleurs claires des murs et du mobilier qui offrent une meilleure luminosité.

 

Méd​iathèque de La Rochelle

 

INNOVATIONS DE CONTENUS

Dans les médiathèques, l’innovation ne se fait pas seulement par l’ajout de matériel discographique, de revues d’actualité ou de journaux, mais aussi à travers l’installation de sections dédiées à différents publics : enfants et jeunes par exemple. Ceci marque une initiative de sensibilisation d’un public perçu comme “futur lecteur” comme la création d’un espace “bébés lecteurs”, espace de loisirs où l’on peut jouer et regarder les livres, et organiser la lecture de contes.

La médiathèque inaugure ainsi une libre circulation du matériel audiovisuel. C’est l’unique lieu où le cinéma et la vidéo sont en libre accès et gratuits à tout un chacun. Les grandes médiathèques possèdent une salle de cinéma, où l’on peut apprécier des films du septième art nationaux et internationaux.

Les types de documents que l’on peut y trouver sont : des livres, des livres-CD, des revues, des livres audios, des histoires, des partitions de musique, des manuels de langues, des CDs, des CDs-Rom, des Dvd/blue Ray, des fictions, des Dvd documentaires, des journaux et des guides de voyage.

 

LE TEMPS

Les médiathèques sont des institutions culturelles à but non lucratif, et ne sont pas influencées par les lois de marché. La seule consommation qui en résulte est la consommation de la culture. Les médiathèques conservent la mémoire collective de la ville/commune/agglomération.

La transmission de la culture, l’acquisition de l’esprit critique, l’apprentissage et la compréhension du monde demandent du temps. Être lecteur demande également du temps. Ainsi, la question qui se pose aujourd’hui en France est la suivante : comment protéger les bibliothèques de la rapidité du temps qui passe et préserver cet espace de gratuité intellectuelle. En France, la médiathèque doit fonctionner comme un centre dynamique de la vie culturelle et sociale ouvert à tous.

Méd​iathèque de Puteaux

 

FINANCEMENT

L’État national accorde des financements pour construire de nouveaux bâtiments et remplacer le mobilier ainsi que le matériel.

Les municipalités ou les communautés de communes financent, quant à elles, le fonctionnement des médiathèques : le matériel, le contenu, le mobilier, l’entretien du bâtiment, les rémunérations et tout ce qui concerne les dépenses courantes.

La région (dans le cas notamment des médiathèques visitées en île de France) offre des financements importants pour la construction et l’informatique : site web, résidences d’auteur, organisation d’événements culturels. Les bâtiments sont, en général, la propriété de la communauté d’agglomération ou de la municipalité.

 

Méd​iathèque de Puteaux

 

POLITIQUE CULTURELLE ET DECENTRALISATION

Le concept de médiathèque est donc le résultat d’une incorporation de la culture dans les politiques étatiques. La culture commence à être pensée comme un droit auquel tous les citoyens doivent accéder librement et gratuitement en vertu de la démocratie.

En 1982, le Parlement français a voté la première loi de décentralisation : «Loi relative aux Droits et Libertés des Communes, des Départements et des Régions», laquelle mit fin à deux siècles de centralisation et modifia profondément le paysage institutionnel et politique français.

Dans le cadre de cette loi, Jack Lang, en tant que Ministre de la Culture (1981-1986), a mis en place différentes actions pour diminuer les écarts traditionnels par le biais de la culture, et d’intégrer les activités qui n’étaient pas considérées comme faisant partie du domaine culturel.

 

Méd​iathèque de Chartres

La notion de «démocratie du goût» est ainsi diffusée, où chacun choisit la culture qu’il souhaite avoir et où chacun est créateur de culture. Pour Jack Lang, tout est culture : des objets d’arts aux gestes de la vie quotidienne.

M. Fabien Cousin, Directeur du Pôle Culturel «Le Pharos» de la ville d’Arras, définit la culture comme un facteur d’intégration sociale qui, à travers différents piliers (préservation culturelle, bien-être, et culture pour tous), génère une véritable connexion entre les habitants. M. Cousin, parle ainsi de «démocratisation culturelle» comme axe prioritaire d’action pour les individus âgés de 11 à 25 ans.

Au sein des médiathèques et des pôles culturels, le concept même de culture répond à la volonté de garantir à toutes les classes sociales, un accès à celle-ci.

Dans le cas des médiathèques, l’objectif vise à rénover le concept même de bibliothèque, lieux «sacralisés» et réputés obscurs et silencieux, où seuls les étudiants et les intellectuels sont à la recherche d’une connaissance bien spécifique et dans un contexte bien particulier (recherche de matériel ou lieu d’étude).

Dans le cas des pôles culturels, il va s’agir de garantir davantage aux classes défavorisées l’accès à la culture et à la création culturelle. Il s’agit de mettre en avant la culture comme propriété de tous, à la portée de quiconque, mais également transmettre l’idée que chacun peut générer de la culture, quelque soit le lieu, les expériences et la situation sociale.

Dans les deux cas, il y a une désacralisation de l'art (concept introduit par Walter Benjamin à propos de la perte de souffle de l'art dans l'ère de la reproductibilité technique) qui le rend accessible en tous lieux et pour toutes les classes sociales.

Pour les médiathèques, il s’agit d’ouvrir l’accès au savoir et à la culture à travers différents supports (livres, CDs, internet, cinéma, vidéo) non seulement dans un but éducatif, mais également en tant que loisirs ou divertissement.

Dans le cas du Pôle Culturel, il s’agit d’attirer les personnes vers une culture, conceptualisée en tant que bien commun. Les habitants des zones marginalisées, souvent issus de l’immigration, doivent se voir comme générateurs et consommateurs de culture. En ce sens, de nombreuses formations aux arts majeurs, ainsi que des visites aux musées et aux théâtres sont organisées, afin de rompre avec l’idée que ces «temples de la culture» leur sont inaccessibles et étrangers à leur culture.

On parle ainsi de désacralisation de l’art, du fait que l’art  ne se retrouve plus seulement enfermé dans les musées, les théâtres et les bibliothèques, mais sont désormais disponibles pour tous.

Il semble important de souligner, que les médiathèques sont d’une grande importance sociale, répondant directement aux besoins culturels de la population. Elles offrent un espace public où peuvent se réunir et échanger des communautés trop souvent divisées. Elles favorisent les pratiques culturelles les plus diverses pour tous, sans distinction.

 


Sources:

-  " Bibliothèques départementales de prêt et missions de service public " / François Dietsch, "Les missions des bibliothèques départementales : du modèle imposé au modèle libéré?": Actes des journées d étude de l ADBDP, 12-13 novembre 2001, ADBDP, 2003.

- Charte des bibliothèques / adoptée par le Conseil supérieur des bibliothèques le 7 novembre 1991.

- Manifeste de l'Unesco sur la bibliothèque publique, 1994.

- Jacques Rigaud, « La décentralisation culturelle » rapport au ministre de la Culture et de la communication. La documentation française, 1990, p.210.

- Anne-Marie Bertrand, « Les missions des bibliothèques départementales : du modèle imposé au modèle libéré? » Actes des journées d étude de l ADBDP, 12-13 novembre 2001, ADBDP, 2003.

- Jean-Yves, « Les BDP dans la société de l information. Cette remarque ne figure pas dans la version écrite de son intervention ».

- Pierre Moulinier : « Politique culturelle et décentralisation » CNFPT, 1995.

- Dominique Lahary : « La bibliothèque de secteur (1967-1988) : quand s'imaginait un réseau national de lecture publique »

- Michel Bouvy, " Vues prospectives sur les bibliothèques publiques ", Lecture et bibliothèques, no13, janvier-mars 1970.

- Michel Bouvy, " De la bibliothèque à la médiathèque ", Médiathèques publiques n°65-66, janvier-juin 1983.

- Albert Ronsin, " La bibliothèque de secteur ", Lecture et bibliothèques n°33-34, janvier-juin 1975

- Michel Bouvy, " Réflexions en forme de journal ", Médiathèques publiques n°61, janvier-mars 1982.

- Albert Ronsin " Le projet de la médiathèque de secteur en 1983 ", Médiathèques publiques n°65-66, janvier-juin 1983.

- Michel Bouvy : « Pourquoi la bibliothèque de secteur ? », Médiathèques publiques n°28, juin 2006

 

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